Vous êtes nombreux à nous signifier vos encouragements…

    Médiapart, la Ligue des Droits de l’Homme, et aujourd’hui Charlie Hebdo nous soutiennent.

    Pour vous, voici une petite capsule vidéo de Charb, le patron de Charlie, intitulée

    « Charb n’aime pas les gens », mais Charb aime Bassin miné ! 

    Et puis, en guise de cadeau, voici un florilège de vos encouragements
    (ne figurent que ceux d’entre les souscripteurs qui ont nomément accepté d’y figurer) :

    Vous êtes nos soutiens

     

     

     

     

     

     

     

     

    Mention spéciale à l’un de nos soutiens : Marie-Christine Blandin, actuelle sénatrice du Nord, qui a affronté le FN à maintes reprises, en particulier lorsqu’elle était Présidente du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, de 1992 à 1998.

    En 1997, Le Monde la qualifiait de « Présidente citoyenne » (lire l’article ici). On se souvient de la fameuse bataille qui l’a opposée aux élus du Front national et à la droite. C’était en 1996. Jean-Marie Le Pen, qui n’en était pas à une outrance près, avait fait polémique en lançant des déclarations répétées sur « l’inégalité des races ».

    Marie-Christine Blandin avait alors pris ce prétexte pour poser la question au Conseil régional : faut-il remettre en cause les délégations accordées aux élus d’extrême droite, qui ont refusé de désavouer publiquement les propos de M. Le Pen, de représenter l’assemblée régionale dans les conseils d’administration des collèges et lycées ?

    Ce 10 octobre 1996, disposés en un large demi-cercle, les conseillers régionaux du Nord – Pas-de-Calais sont tous là, ou presque. De gauche à droite : les communistes (15 élus), les socialistes (27 élus), les Verts (9 élus), le groupe RPR-UDF (27 élus), le Front national (15 élus). En haut, le groupe Borloo, les chasseurs et les pêcheurs.

    (La suite est extraite de l’article d’Ariane Chemin, paru dans le Monde le 13 octobre 1996 :
    « La droite du Nord-Pas-de-Calais refuse de sanctionner le FN »):

    La parole est à l'extrême droite de la salle. Inquiet du résultat de la consultation, Carl Lang, président du groupe FN (quinze élus), s'indigne de «cette mise en accusation publique» et demande à parler le dernier. Comme dans un procès, cela lui est accordé. Jacques Legendre, président du groupe RPR-UDF (vingt-sept élus), renchérit: «Il y a risque, Mme Blandin, de transformer le conseil régional en tribunal politique.» «Pour assurer de sa pureté, il faut ne rien avoir à se reprocher, note le sénateur néo-gaulliste, gourmand. Nombre d'entre vous ont fait le choix du marxisme. Pour certains, je ne les ai pas entendus dire qu'ils aient abjuré leur admiration à Pol Pot. Et qui ne se souvient du goulag ? Il n'y a pas, d'un côté, le camp de la vertu, et, de l'autre, les racistes. Soyez assurée, madame la Présidente, que le racisme nous le combattrons, mais par des moyens démocratiques, sans tomber dans cette forme de totalitarisme qui s'appelle la responsabilité collective.»
    
    Jean Le Garrec, ancien ministre de Pierre Mauroy, n'apprécie pas cet «amalgame». Il s'enflamme: «Vous reprenez mot pour mot les thèmes des révisionnistes!» Au premier rang, l'ancien ministre du général de Gaulle, Maurice Schumann, tape sur la table: «Oh! Oh! Retirez vos propos!» Face aux «provocations calculées du FN», poursuit le membre du groupe socialiste (vingt-sept élus), il faut «maîtriser notre indignation» et dire «non, cela n'est pas possible». Donc, «en toute connaissance de cause, et dans un souci de volonté politique affirmée», l'ancien ministre s'engage, «au nom du refus et du symbole», à soutenir Mme Blandin.
    
    Le président du groupe communiste (quinze élus), Ivan Renar, reste abasourdi par tant «d'anticommunisme irréel». «Vous n'êtes pas à jour, M. Legendre : les communistes ont répudié les pratiques détestables de certains pays d'Europe de l'Est, note-t-il. Appelons un chat un chat. Affirmer la hiérarchie des races, c'est du racisme, et l'expression publique du racisme est un délit. Ou bien les mots ne veulent plus rien dire, ou bien on applique les lois de la République.» «Sans carte, sans parti, sans idéologie», le groupe (treize élus) fondé par Jean-Louis Borloo, maire de Valenciennes, qui n'a «de politique que le nom», est, «bien sûr», «contre le racisme et pour la démocratie». Mais Dominique Riquet, adjoint de M.Borloo à la mairie, ajoute: «Nous ne voulons pas céder à une menace. Madame la Présidente, vous étiez trop jeune pour hanter les murs de Paris en 1968, mais certains de vos amis y avaient écrit: Il est interdit d'interdire», note encore l'orateur dans une perfide flatterie. [Le groupe] Chasse, pêche, nature et tradition (deux élus) regrette que l'on se saisisse d'une «petite phrase dans un verre d'eau» (sifflements) pour «rendre un fier service médiatique à M. Le Pen». 
    
    PROBLÈME DE CONSCIENCE
    
    Ivan Renar a demandé un vote public, pour obliger Maurice Schumann, la voix de la France libre, «à voter face à lui-même», confie-t-il dans les couloirs. Pour Marie-Christine Blandin, aussi, il s'agit d'un «problème de conscience»: «Je ne souhaite pas gagner les élections, je souhaite prendre mes responsabilités.» Carl Lang, lui, parle politique. «Ce que vous ne pouvez pas obtenir de la justice sur les propos de M. Le Pen, vous tentez de l'obtenir des tribunaux d'exception», juge l'ancien secrétaire général du FN. Comme la droite, il conteste «l'amalgame fait entre les déclarations politiques de Jean-Marie Le Pen et le travail technique des conseillers régionaux». Enfin, dans un exercice oratoire impeccable, il énumère les médailles militaires portées par les représentants de son groupe dans les lycées: «Quel-est-leur-crime?», martèle-t-il après chaque nom.
    
    Les jeux sont faits: cinquante-cinq voix contre cinquante-deux; la seule abstention est venue du groupe Borloo, qui, avec les non-inscrits, a voté pour la droite et le FN. En 1987, lorsque, après les propos tenus par M. Le Pen sur les chambres à gaz «point de détail», la représentation du FN dans les lycées de la région avait été suspendue (jusqu'en 1992), la majorité était écrasante: cent une voix contre onze.
    
    Cette fois, le groupe communiste demande, en lot de consolation, que la région fasse sienne la déclaration de six cents scientifiques et historiens récusant l'idée d'inégalité des races (Le Monde du 28 septembre) et l'adresse à tous les établissements. Ce vote-là est large et facile. Même Carl Lang aurait souhaité y être favorable, mais le texte des scientifiques met directement en cause le FN et Jean-Marie Le Pen. Impensable pour ses amis du Nord - Pas-de-Calais.

    Et pour finir, un petit rappel citoyen :  aujourd’hui, c’est dimanche 23 mars. N’oubliez pas d’aller voter !

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